Conférence-débat
ACR e.V.
Conférence-débat

La conférence organisée par l'Association des Camerounais du Rhin (ACR e.V.) en prélude à la soirée culturelle de l'association s'est tenue le vendredi 13 août 2010 dans les locaux de la "Katholische Hochschulgemeinde" à Cologne. Cette conférence, organisée par le responsable du Club Scientifique de l'ACR e.V. M. Fernand Poungom, avait pour objectif de permettre une analyse de l'évolution du Cameroun depuis son accession à l'indépendance il y'a 50 ans. Trois principaux thèmes y furent développés sous la modération de Mlle Janique Bikomo, Dipl.-übers. à Bonn, à savoir:

Le chemin de l'indépendance du Cameroun, exposé par le Prof. Théophile Owona de l'université de Bonn

Les conséquences de l'indépendance sur les mouvements migratoires du Cameroun en direction de l'étranger, exposé par la doctorante Florence Tsagué de l'université de Gießen

Les évolutions minimales en Afrique noire depuis les indépendances et les coies du développement, exposé par le LL.M. Droit Priv. Int. Bonaventure Tchucham 

Initialement prévue à 16 heures, c'est finalement à 16:45 heures que cette conférence débute avec une vidéo-documentaire relatant l'étendu des massacres concédés pendant la période de la lutte pour l'indépendance au Cameroun. Parties de Nkongsamba, les revendications des "indigènes" qui ont combattu pour la France pendant la deuxième guerre mondiale, se sont propagées au Littoral (Douala) et trouvent en la personne de Um Nyobe leur ambassadeur. Malgré la longue guerre menée par les militaires colons contre les indigènes indépendantistes, ceux-ci finiront par avoir gain de cause le 1er janvier 1960.

Suite à ce documentaire, le Professeur Owona a dans un discours édifiant permis aux participants d'avoir une idée claire sur l'ordre chronologique des évènements et le chemin escarpé qui conduiront à l'indépendance. Dans son exposé, il a mis un accent particulier sur le droit de pétition pour l'union des peuples au Cameroun qui aurait fait l'objet d'énormes discussions à l'ONU. En effet, environ 1.700 pétitions auraient été envoyées par les Camerounais à l'ONU, les plus importantes dans le but de démontrer que le Cameroun faisait bien partie depuis très longtemps des pays capables de se gouverner eux-mêmes. La lutte pour l'indépendance n'aurait donc pas débuté avec les revendications des indigènes mais bien plus tôt, sur le plan diplomatique, à travers les multiples pétitions envoyées par les Camerounais à l'ONU, bien que celles-ci n'aient pas toujours été traitées.

Mme Tsagué quant à elle, mettra dans son exposé en exergue l'impact ou plutôt les conséquences de l'indépendance sur les mouvements migratoires du Cameroun en direction de l'étranger. Le programme d'ajustement institué par l'ONU et ses organismes aux lendemains des indépendances et élargi plus tard aux pays pauvres et très endettés joue un rôle très important dans l'analyse des mouvements migratoires poussés qu'on observe en Afrique noire. Dans son discours, elle revient également sur le développement politique au Cameroun depuis l'indépendance et sur le flux migratoire des Camerounais, tout en définissant les catégories de ces émigrants. Il ressort de cette intervention que toujours plus de Camerounais aimeraient s'exiler surtout pour des raisons socioéconomiques, notamment pour le soutien financier qu'apporte la Diaspora à la famille restée au Cameroun.

M. Bonaventure Tchucham a dans le troisième exposé déploré les évolutions minimales en Afrique noire en général et au Cameroun en particulier depuis les indépendances. Dans un élan beaucoup plus pathétique, il a présenté l'état pitoyable des pays d'Afrique (noire) pendant que paradoxalement, les soi-disant connaisseurs de l'Afrique la définisse depuis toujours comme le continent de l'avenir. Après avoir fait une présentation historique de quelques évènements qui furent à l'origine de cette position déplorable du continent, il présentera par la suite quelques mesures qui s'avèreraient inévitables pour lutter contre les vices de nos sociétés, hérités depuis les indépendances. 

De l'avis de M. Tchucham, panafricaniste convaincu, l'heure est à l'union des peuples d'Afrique et à la révolution. Dans un monde où d'énormes puissances se dessinent sur tous les continents, il serait difficile pour un pays Africain de pouvoir s'en sortir tout seul, d'où l'importance d'une union forte entre les peuples noirs du continent. Quelques paramètres d'une révolution pacifique furent également énumérés, entre autres:

La sensibilisation et la prise de conscience des peuples

La capacité et la volonté de pouvoir regarder les problèmes en face

L'appréhension de la religion

Une nouvelle génération de politiciens et une nouvelle politique pour un peuple uni

Les idées présentées dans ces différents exposés ont soulevé dans l'assistance plusieurs questions qui ont conduit à une période de discussions et d'échanges souvent pleines d'émotions, témoignant l'élan patriotique des participants qui ont souhaité voir se multiplier les occasions de ce genre, car l'avenir de notre pays nous interpelle!

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