Interview - Dr. Djoumessi
ACR e.V.
Interview du Dr. Didier Djoumessi, Politologue en Service à la GIZ pour le Compte du Programme de Retour des Experts du CIM

1.     Cher Dr. Djoumessi, merci d’avoir accepté de répondre aux questions de cam-rhein.de, le site d’information de l’Association des Camerounais du Rhin (ACR e.V.). Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

 

Je m’appelle Didier  Djoumessi j’ai un Ph. D. en Science Politiques option Relations Internationales, obtenu à l’université de Cologne. Je travaille actuellement comme Conseiller Technique dans le cadre du Programme de Retour des Experts du CIM au Bureau Régional de la GIZ  à Yaoundé. CIM comme vous le savez est mis pour Centre International pour la Migration et le Développement et est une communauté de travail entre la GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit) et les Services internationaux de placement (ZAV) de l’Agence de l’Emploi de la République Fédérale d’Allemagne (BA).

 

2.     Vous avez fait une partie de vos études à Cologne et pendant ce temps vous avez été membre de l’ACR e.V., vous l’êtes toujours d’ailleurs. Quel est votre sentiment au moment où vous revenez dans cette ville, auprès des membres de cette association après une si longue période ?

 

C’est un sentiment de joie qui m’anime parce que j’aime beaucoup la ville de Cologne pour sa multiculturalité, à laquelle contribuent d’ailleurs l’importante diaspora camerounaise présente ici. L’ACR e.V. et ses membres me servaient de famille pendant mon séjour ici. Je suis très heureux de constater que notre association continue de vivre malgré le départ pour d’autres cieux de certains de ses membres. En tant que membre d’honneur de cette association je la représente partout où je passe.

 

3.     Depuis 2 ans exactement vous êtes retourné vous installer au Cameroun où vous avez d’abord travaillé au Fond National de l’Emploi en tant que chef du Programme PARIC et depuis le mois de Février 2011 Vous êtes à la GIZ. Dans quelles conditions avez-vous réalisé votre retour et comment s’est passé votre réintégration ?

 

Pour ceux qui me connaissent bien, ils savent que j’ai toujours été animé par la volonté de rentrer au Cameroun une fois mes études terminées.  J’ai eu la chance de rentrer de la plus idéale des manières, c’est-à-dire, avec un boulot en poche. Cela à beaucoup facilité ma réintégration, car je me suis retrouvé plus ou moins à l’abri du besoin. Néanmoins je ne peux pas me venter de m’être déjà complètement réintégré. Je demeure un personnage hybride avec des influences allemandes et camerounaises. J’en suis d’ailleurs très fier car cela fait de moi un être plus complet que ceux de mes compatriotes qui ne connaissent que les réalités camerounaises. La société camerounaise est très complexe et je crois que chaque camerounais doit s’adapter à ses réalités, qui, la globalisation aidant, ne cessent de changer. Le fait d’avoir vécu hors du pays est plus un atout qu’un handicap.

 

4.     Quelle est la situation actuelle sur le marché de l’emploi camerounais et comment jugez-vous les procédures d’appel d’offres et de recrutement ?

 

Une très grande partie du marché de l’emploi au Cameroun est malheureusement caché et cela rend notre tâche très difficile. Il y a d’une part les entreprises qui font tout pour recruter des cadres capables de leur faire réussir et résister à la concurrence et d’autre part, un bon nombre d’entreprises camerounaises semblent n’avoir pas encore compris que pour se développer elles ont besoin de la bonne ressource humaine, d’une ressource humaine capable d’apporter de l’innovation.

 

5.     Y-a-t-il des secteurs d’activités qui connaissent momentanément un Boom au niveau des offres d’emploi ?

 

Selon une étude du FNE, le marché du travail se présente comme suit :

-           Les secteurs porteurs (Hôtellerie, Tourisme,  TIC, Esthétique,  Coiffure, BTP, électricité/électronique et Santé)

-           Les secteurs en expansion (banques, assurance et microfinance, industrie chimique et métallurgique, distribution d’eau, énergie et gaz, hôtellerie et restauration, santé, bâtiments et travaux public, commerce et  distribution et le transport urbain)

-          Les métiers les plus recherchés (Assistantes de direction bilingue, comptables (audit), techniciens en génie civil, cadres (Banques – Assurances), ingénieurs (informatique – génie civil – agroalimentaire), technico-commerciaux)

-          Les profils rares (Maître d’hôtels expérimentés, ingénieurs et développeurs de réseaux informatiques – techniciens d’assurances, cadres banques et assurances expérimentés, ingénieurs génie civil, aiguilleurs aéronautiques)


 

Dr. Didier Djoumessi, dans l'exercice de ses fonctions pendant le Challenge  Camerounais Cologne 2009.

 

6.     Dans vos fonctions, vous vous occupez de l’information et du conseil des immigrés camerounais (précisément ceux de l’Allemagne) sur les possibilités d’aide au financement pour le retour et la réintégration de ces derniers. Pouvez-vous nous présenter brièvement ce programme ?

 

Le Programme de Retour des Experts  à pour objectif principal le transfert des connaissances entre l’Allemagne et les pays en voie de développement, émergeants ou en transition. De cet objectif principal découlent deux objectifs spécifiques pour le Cameroun. Nous avons d’abord l’appui à la (ré) intégration sociale et professionnelle des Camerounais ayant étudié ou travaillé en Allemagne et ensuite la mise à la disposition des employeurs basés au Cameroun d’une main d’œuvre qualifiée et formée en Allemagne.

Pour ce faire nous proposons entres autres prestations les frais de transport retour, les subventions salariales, les subventions pour l’équipement du poste de travail et un appui conseil voire financier pour la création d’entreprise. Pour plus d’informations sur le Programme de Retour des Experts en générale et sur ses les aides au retour en particulier, veuillez visiter notre site : www.cimonline.de.

 

7.     Et si un jeune diplômé camerounais, d’une université allemande vous posait la question : dois-je retourner au Cameroun en ce moment ? Que lui répondrez-vous ?

 

En tant que patriote je dirai naturellement qu’il le fasse et le plus tôt possible, car il y a beaucoup à faire au Cameroun et les nouvelles idées ne courent pas les rues. Tout est à (re)faire chez nous et par conséquence il y a de la place pour tout le monde. Je ne vous apprends rien en disant que « personne ne viendra développer le Cameroun à notre place », notre génération semble d’ailleurs être celle qui doit se sacrifier pour que nos enfants et petits enfants puissent vivre dans des conditions semblables à celles de l’Allemagne. Les Camerounais de la diaspora font partir de la solution à nos problèmes actuels et le retour constitue l’un des meilleurs moyens d’apporter sa contribution. Je suis très conscient du fait que tous ne rentrerons pas un jour et que plusieurs compatriotes vivent effectivement en Allemagne mais sont déjà rentrés de manière virtuelle au Cameroun à travers les investissements qu’ils y font, les transferts d’argent, les nouvelles idées qu’ils transmettent à leurs proches etc.… Toutes ces rémittences contribuent au développement du Cameroun, il suffit juste de mieux les organiser et de les axer véritablement sur le développement. 

Rentrer au Cameroun c’est bien mais bien se préparer avant de rentrer c’est encore mieux.  Le camerounais qui compte rentrer un jour doit préparer sont retour dès son arrivée en Allemagne. Des structures telles que StuBe, ESG, KHG et bien sûr CIM sont là pour vous accompagner dans ce processus.

 

8.     Merci cher Dr. Djoumessi pour votre disponibilité, bon séjour et bon retour au Cameroun. Pour finir un mot sur l’évolution de l’ACR e.V. depuis votre départ ?

 

Je suis heureux de remarquer que l’ACR reste solide malgré la mobilité de certains de ses membres, qui se trouvent souvent obligés de quitter Cologne pour aller s’installer au Cameroun, dans d’autres ville d’Allemagne ou dans d’autres pays. Contrairement à d’autres associations, l’ACR peut compter sur  son président actuel et certains membres du bureau qui sont des « echte  Kölner » et qui font tout pour qu’elle reste en vie. Je remarque que les chose y sont faites avec toujours plus de professionnalisme et que les Innovation de Cologne sont copiées par d’autres associations. Je n’oublierais jamais la joie que j’ai lue dans les yeux des orphelins de la fondation Petit Dan et Sarah quand l’Ambassadrice d’Allemagne en compagnie du président de l’ACR est venu inaugurer leur bibliothèque.  En finançant les travaux de cette bibliothèque, l’ACR à montré que la diaspora camerounaise d’Allemagne pouvait directement contribuer au développement de notre pays. Cet exemple à été suivi par l’association de Darmstadt et celle de Hambourg compte en faire autant cette année. Je vous remercie pour cet entretien et rendez-vous au Challenge 2011 où je viendrais vous présenter la nouvelle offre de service du CIM.



 

Dr. Didier Djoumessi (à gauche de l'image), à la cérémonie de remise du don de l'ACR à la fondation Petit Dan et Sarah suite au Challenge Camerounais Cologne 2009

 

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